jeudi 15 février 2018

RHUM-RAISON: La musique est faite pour partager, s'amuser, alors profitons-en !


"J'essaie de faire en sorte que les chansons racontent une histoire, et que cette histoire soit la plus universelle possible, ou en lien avec un épisode historique connu, pour susciter la curiosité et donner envie de suivre le texte. Les références que je glisse de temps en temps sont là pour permettre que les écoutes ne deviennent pas trop ennuyeuses !!"



INTERVIEW DE RHUM-RAISON

Bonjour RHUM-RAISON, il est rare que je pose cette question en fait, mais pourquoi un tel nom de groupe ? Que voulez-vous dire ?

Bonjour, voilà une question parfaite pour aborder le sujet. Je faisais partie d'un autre groupe amateur, que j'ai dû laisser en suspens à regret quand j'ai déménagé de Paris pour la Guadeloupe. Un des membre de notre ancien groupe est venu me rendre visite, il m'a conseillé de continuer à faire des chansons: nous étions, en Guadeloupe, nous buvions du rhum, et je voulais faire des chansons à texte, le nom est sorti comme ça, presque comme une blague au début, et finalement il est resté.



Comment avez-vous eu l’idée de faire de la musique ?

J'ai commencé tôt en fait, j'ai été dans une filière spécialisée musique du CP à la troisième, « les horaires aménagés musique », on avait plusieurs heures de cours de formation musicale, d'instrument, j'ai joué du hautbois durant 9 ans, d'orchestre etc... Tout cela se passait au conservatoire, j'en garde un souvenir épouvantable, c'est l'apprentissage de la musique d'une façon tyrannique inadaptée aux enfants. J'ai mis plusieurs années à prendre plaisir à refaire de la musique, et à déconstruire tout ce qu'on m'avait imposé. Pour tout dire aujourd'hui je joue sans savoir les notes que je joue à la guitare et à la basse, je repasse par le solfège uniquement pour transcrire mes partitions. Je dois reconnaître que c'est l'avantage d'avoir eu une formation de base. C'est notamment en repassant par l'étape du « groupe » sans pression et dans le but exclusif de s'amuser, se retrouver, et développer un projet collectif que la musique est devenue une vraie passion. Même si la musique n'est pas mon activité professionnelle, elle occupe une place très importante dans mon quotidien.

Qui sont vont références, ceux qui vous inspirent le plus ?

C'est difficile de répondre à cette question, en prenant par ordre chronologique, de par le conservatoire j'ai entendu beaucoup de musique dite « classique », encore aujourd'hui j'aime écouter des compositeurs comme Couperin, Schumann, Mendelssohn, Ravel, Villa-Lobos ... La chanson française est venue un peu plus tard, avec évidemment Gainsbourg, Brel, Brassens, en même temps que le Rock anglais, surtout Led Zeppelin, qui est pour moi l'aboutissement d'une époque. Des groupes comme Pink Floyd ou The Jimi Hendrix Experience sont aussi des références. Il y a des guitaristes virtuoses que j'admire aussi pour leur technique et ce qu'ils savent faire dire à leur instrument comme Yamandu Costa par exemple...
Il faudrait aussi rajouter quelques références littéraires, j'aime beaucoup le « nouveau roman » d'Anthony Burgess, et les romantiques et surréalistes, Baudelaire, Rimbaud, Apollinaire...

LED ZEPPELIN

Vous considérez-vous comme un groupe de Rock, de Blues, de troubadours ?

Haha, un peu tout en même temps si c'est possible, Le texte reste je crois la colonne vertébrale des chansons, même si la mélodie vient parfois d'abord, je suis plus à l'aise avec les mots que les notes, dans ce sens je pense que R-R est plus un groupe de troubadours, d'autant qu'à l'origine la vocation des troubadours était de passer de villes en villes pour apporter les nouvelles, et faire passer les messages !

Pouvez-vous présenter les musiciens ?

Je pourrais répondre rapidement à cette question, Je suis seul, ce qui pose problème pour le live, mais nous en reparlerons plus tard, en général les chansons sont construites autour de deux guitares. En partant de Paris ont m'a offert une pédale de boucle, un « looper », elle me permet de pouvoir additionner plusieurs pistes, le résultat est qu'il y a souvent un thème récurrent, sur lequel se greffe une deuxième puis une troisième guitare. Les parties de basse et de percussion se surajoutent lors des enregistrements.

Qui est le leader du groupe ?

Quand j'arrive à me mettre d'accord, moi.

Qui écrit les textes ?

Je répondrais comme la question précédente :) .

En écoutant vos textes, vous aimez bien jouer avec la langue française et les événements, certaines figures, slogans, il faut être cultivé pour vous comprendre ?

J'essaie de faire en sorte que les chansons racontent une histoire, et que cette histoire soit la plus universelle possible, où en lien avec un épisode historique connu, pour susciter la curiosité et donner envie de suivre le texte. Les références que je glisse de temps en temps sont là pour permettre que les écoutes ne deviennent pas trop ennuyeuses !! J'espère que les références justement n'interfèrent pas avec le thème principal, et ne perturbent pas trop la compréhension générale, le but étant que l'ensemble puisse être autant une « musique d'ambiance » que des chansons qu'on pourrait avoir envie de réécouter pour saisir toutes les paroles. Donc je dirais que non, il ne faut pas forcément être cultivé, peut être juste un peu curieux...

Vous vous adressez un public particulier ?

Vraiment pas, d'autant que je pense avoir un public extrêmement restreint pour l'instant, j'essaie de faire en sorte qu'au moins une mélodie ou un texte puisse faire écho à une expérience personnelle de tout un chacun, qu'on puisse se sentir soit porté par une mélodie simple, ou accroché par une histoire qui titille la curiosité.

Vous vous revendiquez d’une couleur politique ?

En tout cas je ne pourrais pas me revendiquer de droite. Même si la musique et l'acte créatif ne peuvent pas être neutres sur le plan politique, il me semble important de ne pas tomber dans le jeu partisan. Mes chansons peuvent défendre certaines valeurs: l'absurdité de la guerre, du totalitarisme, mais ces valeurs ne sont, au final, propres à aucune couleur politique.

Juste une question sur le matos, qu’est-ce que vous avez à nous dire à ce sujet ?

Il faudrait mille questions sur le matos ! J'ai la chance de pouvoir jouer sur des instruments que j'adore, et je pense que le rapport bassement matériel du musicien à son instrument, le plaisir que l'on ressent à prendre en main un objet qui a nécessité plusieurs heures de manufacture pointue participe au frisson de la composition. Sur le plan technique, les premières chansons ont été composées sur une Epiphone LesPaul (Esther), puis une Fender Telecaster Elite (Abbygaïl), une Gibson Firebird High Performance (Noemie) et une Danelectro 59 (Amina), et elles ont presque toutes été enregistrées sur Noemie. Toutes les guitares ont été baptisées pour dépasser le stade d'objet, et pouvoir être associées pleinement à la composition. Ma pédale de boucle est une jam man, et je répète sur un ampli blackstar. Le matos en tout cas est un moyen de trouver des pistes pour l'interprétation, c'est une interface entre la partition et la musique définitive, il est en même temps le rappel de la nécessité matérielle et un moyen de la dépasser.

Comment se passent vos répétitions ? Et combien de fois pas semaine ?

J'essaie de répéter deux fois par semaine, mais ce rythme est très irrégulier, comme je fais tout ça tout seul, je peux grattouiller à vide tous les soirs pendant une semaine, puis ne pas arriver à jouer pendant deux, voire trois semaines... Mais j'essaie de maintenir le rythme deux par semaine, pour réviser les anciennes chansons, et surtout trouver des nouvelles idées. Le rythme pour l'écriture n'est pas le même, la gymnastique des mots est plus ambiguë et c'est difficile de s'astreindre à écrire, de se mettre à une table avec un carnet et sortir un texte, il faut attendre que ça vienne. En général après avoir lu quelques romans ou autres sources de documentation les idées arrivent d'elles-mêmes.

Et le studio, l’enregistrement ?

L'album a été enregistré quasi intégralement en l'espace de 4 jours, grâce notamment à mes amis du « Cri » qui ont un studio portatif si l'on peut dire. J'avais fait mon possible en amont pour être prêt à enregistrer toutes les pistes, qu'on a pu additionner les unes aux autres. On a fait un séjour dans une maison de campagne, isolée dans les Ardennes, avec bien évidemment, beaucoup de matos, et beaucoup de rhum. Plus sérieusement, enregistrer 12 chansons en 4 jours, soit 3 chansons complètes par jour a été une épreuve grisante et éreintante, le tout s'est fini par un live, à Reims, en première partie du « Cri », au final, un souvenir vraiment génial. Cette session enregistrement a été l'occasion d'improviser les parties de percussions et de basse. J'avais un vieux djembé qui permet de donner une touche plus intimiste sur les percussions, et tout un tas de percus « alternatives », un maracas, un guïro en forme de grenouille, un tambourin à clochettes et une cuica brésilienne... qu'on n'entend que sur « Le blues de l'anthénaire ».

Le live vous fait peur ? Racontez-nous en quelques mots un concert de RHUM-RAISON.

Il y a eu très peu de live pour l'instant, la première raison étant que je n'ai pas trop cherché à me produire sur scène, et la seconde, que je dois me trouver au moins un acolyte pour faire une seconde guitare, afin que l'arrangement ait une bonne dynamique. La dernière fois que je suis monté sur scène c'était en première partie de mes potes du « Cri », avec un ami de longue date, Max, plutôt joueur de blues à l'origine qui m'a accompagné. On a joué dans un pub rémois, il y avait surtout un public d'amis et de connaissances, on s'est bien marré !!

Craignez-vous que le public n’entende pas bien vos paroles ?

Oui c'est sûr, d'autant qu'à deux sur scène, sans percussion, le volume sonore et l'ambiance, même si il reste rock est intimiste, j'essaie d'avoir la diction la plus précise possible pour qu'on puisse m'accompagner dans mes histoires.

Quelle est votre relation avec le public ?

Pour l'instant je dirais très occasionnelle, mais monter sur scène est un moment fort, même devant un petit public de gens connus, il faut assurer, et arriver à faire passer un bon moment à tout le monde, il y a tellement d'imprévus quand on joue en live: une note qui ne passe pas, un couplet qu'on chante au mauvais endroit, qu'il faut s'adapter, composer avec le stress et le plaisir de faire sortir ce qu'on a d'intime.

Etes-vous sensible aux critiques ?

Je sais pas trop qui pourrait répondre non en étant tout à fait honnête et sincère, mais je pense aussi qu'on ne peut pas plaire à tout le monde et que chacun à le droit d'exprimer ce qu'il souhaite, j'ai la chance de ne pas dépendre de la musique qui est un loisir - voire une passion - et donc je pense être moins vulnérable. Certaines critiques négatives peuvent être très instructives et peuvent permettre de progresser, étant musicien amateur, je ne cherche pas à me lancer des défis techniques ou à avoir un « niveau », j'écris et je joue ce qui m'inspire ou me passe par la tête, je conçois tout à fait que ça peut faire écho à ce que d'autres ressentent, comme ça peut leur passer au dessus de la jambe, voire les agacer !

Avez-vous déjà rencontré des ennuis lors d’un concert ?

Je pense avoir déjà un peu répondu plus haut, le jeu en live, même si on a répété en amont réserve toujours des surprises, et pour avoir fait de la musique orchestrale plus classique ou les problèmes techniques sont d'ordre mécaniques ou humains, sur la musique amplifiée on se confronte à l'électronique, l'informatique, il faut savoir un peu tout bidouiller en même temps, ce qui est plutôt sympa en fait... Surtout quand tout marche.


Le Cirque de mes Nuits

Votre musique est plutôt calme, c’est aussi le cas en live ?

D'autant plus que les arrangement live sont à deux guitares plus une voix, la musique est calme, le volume sonore pas forcément violent, l'idée est de raconter des histoires, dans une ambiance rock mais pas en sautant partout.

Là je suis en train de vous écouter, et je suis obligé de vous comparer (chose que je n’aime pas forcément faire) à plusieurs artistes, je vous donne les noms et vous me répondez pour chacun si je suis à côté de la plaque :

Léo Ferre : C'est un artiste très connu pour ses textes très travaillés et bien construits, je ne peux qu'apprécier la comparaison, même si je le connais trop peu malheureusement.

Renaud : Il a marqué sa génération, que ce soit par son attitude, sa voix inclassable, ses chansons comme « Mistral gagnant » ou « En cloque » sont des pépites !

Bertrand Cantat ou Noir Désir : J'ai beaucoup écouté Noir Désir, et là aussi merci, c'est un groupe qui aurait pu laisser une emprunte forte dans le paysage musical français si le nom de Bertrand Cantat ne véhiculait pas ce qu'il véhicule actuellement.

Trust : Des vrais punks !! et oui il y a quelque chose de punk dans mes chansons les plus rythmées, le punk est quelque part la suite logique du rock, et j'aime mélanger le coté subversif du punk à la poésie plus douce.

Bernard Lavilliers : Un grand mélodiste, imprégné dans ses textes de politique, comme il le montre encore dans son dernier album "5 minutes au paradis", notamment sur la chanson « Croisière méditerranéenne » ou il aborde le problème des réfugiés.

Il y a une tension entre votre musique calme et les paroles qui sont fortes même dans les chansons d’amour ou plutôt de désamour ?

J'essaie de faire des contrastes, qu'il y ait quelque chose de l'ordre du déséquilibre, tout en faisant en sorte que le résultat global reste harmonieux bien sûr, mais qu'on soit quand même un peu surpris quand on tend l'oreille. C'est vrai que le terme de désamour correspond assez à certaines chansons, c'est un sentiment intéressant, qui vient peut être juste après l'amour, quand on est pas vraiment certain de ce qu'on éprouve.



 J’ai hésité à prendre chanson après chanson et les analyser, mais cela je préfère vous laisser faire en quelques mots que diriez vous sur (je donnerai un commentaire après vos réponses et ce sera intéressant de voir combien vos textes sont riches, à plusieurs niveaux) :

  • Mer : La toute première chanson que j'ai écrite, pour l'anecdote: les paroles me sont venues pendant une croisière avec des amis en catamaran dans la mer Caraïbe, un cadre plutôt stimulant il faut bien l'avouer. Le thème de l'explorateur naufragé permet de s'identifier, on s'est tous senti au moins une fois pris dans une tempête, ou confronté à un inconnu dont on ne pouvait pas anticiper la réaction...
  • Le cirque de mes nuits : C'est une chanson plus intime et aussi plus récente, j'ai plus essayé d'y travailler la mélodie, et la voix, tout en essayant de mettre une ambiance générale à la fois inquiétante et onirique, comme peuvent être parfois les nuits habitées par de nombreux rêves, quand elles font suite à plusieurs insomnies.
  • Joséphine : Il s'agit d'une reprise, c'est une chanson de country, l'originale s'appelle « Jolene » de Dolly Parton, c'est une des chansons préférées de ma compagne, il m'a semblé normal d'essayer de lui rendre hommage. J'ai fait mon possible pour traduire le texte au plus juste en y imprégnant quelque chose qui m'appartiendrait, tout en changeant la musique pour en faire une version plus rock/punk. C'est une chanson qui a été de nombreuses fois reprise, que ce soit par des américains, ou mêmes des français, mais, je crois, pas encore traduite.
  • Palmier : Un peu comme "Mer", une des chansons les plus anciennes, marquées par l'ambiance des Antilles, je vivais en Guadeloupe à ce moment, elle fait un peu suite à « Mer », on y retrouve notre naufragé, rêvant à demi conscient sous un arbre.... dont il tombe amoureux.
  • Révolution : Un peu une construction au hasard celle-ci, j'avais mis la musique de coté, la trouvant trop dissonante et un peu angoissante, et le texte était à l'origine une commande d'autre groupe, finalement le projet ne s'est pas fait, et j'ai compilé les deux. J'y aborde un peu de la grogne que je peux avoir face aux pouvoirs en place.
  • Chimère : Une de mes chansons préférées est « Babe I'm gonna leave you » de Led Zeppelin, c'est une chanson de rupture, et je pense que ce thème est vraiment universel, et j'ai voulu l'aborder à ma façon, en essayant d'être sincère.
  • Aédée : les premiers mots de la chanson sont un peu abruptes, et entraînent parfois un mouvement de surprise, ce qui est voulu, c'est une chanson d'amour, un peu en miroir de « Lupanar », le thème de l'amour payant est très présent dans la poésie romantique et surréaliste, il s'y joue plein d'émotions parfois contradictoires, et une violence où tout n'est pas maîtrisé.
  • Dularium : Alors sur celle là, je pense que je dois donner des explications un peu plus précises, le « duralumin », ou « duraluminium » est un alliage métallique inventé au tout début du XXe siècle, et qui a permis la construction des « zeppelins » ces énormes ballons dirigeables, dont le plus connu a été le « LZ 129 Hindenburg » connu en raison de son incendie qui a coûté à la vie à 35 personnes, sonnant la fin de l'exploitation des dirigeables géants. Le groupe Led Zeppelin se sert d'une photo de cet incident comme pochette de leur premier album, il s'agit évidemment d'un hommage - je suis un fan de Led Zep - La chansons raconte l'histoire du Hindenburg, mais si on lit entre les lignes, c'est directement un message adressé à Donald Trump, qui s'expose, créant la nuit, et ne se rend pas compte à quel point il est dupé et s'enfonce dans le pire au fur et à mesure.

  • Tranchez ! : Il y a un siècle à quelques minutes près mon arrière grand père tenait un fusil et ne comprenait certainement pas pourquoi il devait haïr les gars en face de lui, pas plus que eux ne comprenaient pourquoi ils devaient haïr mon arrière grand père. C'est encore un hommage, et aussi un avertissement peut être, cent ans plus tard on recommence parfois à se méfier de l'inconnu, on détourne le regard de la misère, et on fait le terreau de conflits auxquels on comprendra trop tard qu'ils ont servi des intérêts qui ne sont pas les nôtres.
  • Lupanar : L'amour, toujours l'amour, oui, mais pas pour rien ! L'amour d'une péripatéticienne pour son bidet qui lui au moins ne la laisse pas tomber, et l'amour qu'elle fantasme, pour son peintre qui vient la voir, la prend pour muse, lui promet la gloire, et va répéter la même chose à toutes les filles de toutes les maisons closes qu'il croise.
  • Papier D’Hallu : Le texte en anglais qu'on entend est un programme concernant l'adaptation de l'organisme des astronautes à la microgravité. La chanson, elle parle de l'innocence, la naïveté dans laquelle on flotte tous, se contentant parfois de ce qu'on a devant soit, dans son assiette, à la télé, dans la presse, sans chercher ou sans se donner la peine d'aller plus loin.
  • Le Blues de L’Anthénaire : Il fallait quand même finir sur un peu de légèreté ! J'ai eu la chance de pouvoir plonger aux Antilles, et de tomber nez-à-nez ou plutôt gueule-à-masque avec un anthénaire, je vous laisse le soin de chercher sur le web la tête que ça a! Quand je l'ai vu, je lui ai imaginé une voix de « blues-man », un peu aigri de devoir se coltiner toute la journée des touristes ébahis qui, en plus, l'empêchent certainement de chasser tranquille. Et pour les attentifs, le bruit un peu étrange en fond sur les parties « bluesy » c'est la fameuse cuica, un tambour à friction brésilien utilisé habituellement pour la samba.


Le Cirque de mes Nuits est un album qui ne peut en aucun cas nous laisser de marbre. Il est difficile de dire « c’est pas mal », car il y a tellement de richesse dans la composition, les paroles. Des paroles qui touchent, et touchent un peu à tout, politique, sexualité, malaise, mal-être, la vie, l’amour, le désamour. Beaucoup de tristesse. Il faut avoir un dictionnaire à côté de soit et encore, des mots sont inventés, qui en disent peut-être plus qu’un livre. Dur à maîtrisé, comme un cheval sauvage RHUM-RAISON nous livre ici une image qui n’est pas très joyeuse de notre société si orgueilleuse. Il y a comme une tristesse qui entoure et les guitares saturées: c’est un album de Blues finalement, et la voix qui nous entraîne, dans un tourbillon de mots, la langue française est honorée, la France se porte mal, les politiques sont visés. Le groupe n’est pas neutre (mais peut-on l’être), il dit les choses, peut-être les mêmes que les Béruriers Noirs, mais autrement, simplement, sans vulgarité apparente. Tout est dans la nuance presque plus que Serge Gainsbourg ou Hubert-Felix Thiefaine. Je résumerai ainsi cet album trop riche pour une simple analyse que je vous avoue, n’être pas facile : Rien ne change, on avance, mais personne ne fait. Il ne reste que les mots qui pourrons peut-être empêcher le brisement, le désamour de tout ce qui fait ce que nous sommes.

Que pensez-vous de mon humble réflexion, si je suis à côté de la plaque, il faut me le dire ?

Merci beaucoup, je ne sais pas trop quoi dire de plus ! Et la référence aux Bérus me touche particulièrement, ils m'ont éveillé au Punk quand j'étais ados, et ils ont une place particulière dans mes playlists.

Vous avez écrit que ces titres sont des "enregistrements, en vue de l’album", ce seront les mêmes douze titres ?

Oui les chansons sont toutes enregistrées, et seront toutes sur l'album, je vais les sortir progressivement sur les plateformes de streaming, un single d'abord, « Lupanar », puis deux EP Dans les 3 ou 4 mois qui suivront, et toutes les chansons seront réunies sur un album ensuite.



Quel est votre plus grand désir ?

Continuer à m'amuser dans la musique, arriver à trouver des nouvelles idées, des textes et des mélodies... que jouer d'un instrument ne soit plus une corvée, une obligation, mais un moyen de sortir du quotidien et de s'abandonner.

Qu’aimez-vous ?

Tellement de choses !! L'Histoire... ce qu'on décèle facilement j'imagine dans mes chansons, en ce moment je lis un bouquin sur les sumériens, qui font partie des premiers peuples à avoir maîtrisé l'écriture, il y a 5000 ans.. J'essaie de trouver un moyen d'en faire une chanson, mais je trouve pas d'accroche narrative... Les romans, mais aussi les jeux vidéos, l'actualité, la bonne bouffe... J'essaie d'apprendre un peu tout ce que je peux, je crois.

Qu’est-ce que vous n’aimez pas ?

Tellement de choses !! Mais difficile à formuler sans avoir l'air tarte: l'hypocrisie, la langue de bois, péter la corde de si avant la corde de mi, et marcher en chaussettes sur un sol mouillé.

Feriez-vous un duo avec un autre groupe ?

Oui avec plaisir, dans la mesure où on s'amuse vraiment à faire des compromis, ce qui est la clé.  

Qui est pour vous la référence absolue dans le paysage musical français ?

C'est difficile de ne citer qu'un nom, mais je dirais Bashung, pour sa poésie toujours juste, et ses arrangements qui ne cessent de surprendre.

                                        @ MAXPPP

Soutenez-vous des causes ?

Pas de façon active, même s'il y a des dizaines de raisons de s'insurger tous les jours...

Pour terminer en deux mots que pouvez-vous nous dire sur :

- Muddy Waters : « Rollin' Stone » !!

- John Lee Hoocker : Le rythme et la capacité à se suffire de soi même sur scène.

- Frank Zappa : Le perpétuel renouvellement

- Captain Beefheart : Je le découvre grâce à vous et je vais prendre le temps de découvrir !

- Gong : Idem

- Magma : Idem

- Louane : Je connais de nom, mais jamais vraiment accroché, j'apprécie par contre la volonté de promouvoir la chanson en français.

- Orelsan : Un peu pareil, j'en ai beaucoup entendu parlé, mais je pense que je n'ai jamais entendu une de ses chansons...

Ah et la mort de Johnny Hallyday, qu’est-ce qu’elle a comme effet sur des musiciens comme vous ?

Johnny Hallyday est une figure du paysage culturel français, qu'on aime ou qu'on aime pas il laisse une empreinte, et je pense que cette empreinte sera durable. Il a su - lui ou son entourage - se réinventer, et à titre personnel je lui reconnais le mérite d'avoir créé le rock français, et les chansons de ses débuts restent mythiques !



Merci beaucoup pour votre patience, car vous avez dû en avoir, et aussi pour votre gentillesse. Je sais je le dis à tous les musiciens, musiciennes, etc, qui sont interviewés sur BAZAR MUSIC, mais c’est vrai, je suis toujours reconnaissant de leur sincère sympathie. Maintenant je vous laisse conclure, vous pouvez dire tout ce que vous voulez :


Ce sera surtout des remerciements, à vous d'abord pour vos remarques et l'attention que vous avez porté à l'écoute de me chansons, à ma compagne et mes amis et qui m'encouragent à poursuivre ce loisir, et à tous ceux qui écouteront les titres qui vont sortir dans les semaines et les mois qui arrivent. La musique est faite pour partager, s'amuser, alors profitons-en !



Crédits photos: Toutes les photos viennent de la page Facebook de Rhum-Raison (cf. lien ci-dessous)

Liens:


Concert à Reims: http://www.accordouvert.fr/


Ichigo Samuru

lundi 5 février 2018

BODIE. Libérez BODIE, vite, pour un deuxième EP!!!!

"Plus qu’un simple concert, BODIE donne sur scène un véritable spectacle mis en scène par Arnaud Joyet (Arnaud Tsamère, Les Joyeux Urbains…). Emilie Marsh (Imogène), Joko (Blanche) et Cécile Hercule (Andrée), qui se sont connues aux Rencontres d’Astaffort, nous entraînent dans leur pérégrinations sur des airs pop terriblement efficaces et des textes percutants !" (BODIE sur le page Facebook)


"Bonjour,Mon groupe travaille sur son deuxième EP et nous avons besoin de vos encouragements. Vous pouvez donner ce que vous voulez à partir de 5eu et si vous ne pouvez pas, partagez au maximum à vos contacts par mail afin qu'ils découvrent le projet et peut-être auront-ils aussi envie de nous soutenir (en cliquant sur le lien ci-dessous)."

https://www.kisskissbankbank.com/liberez-bodie-pour-un-2e-ep

Joko


Chers amis lecteurs, connaissant déjà la qualité de Joko, sa voix, sa musicalité belle et harmonieuse, je ne vous dis pas ce que donne ce trio BODIE. Alors j'en appelle à votre générosité, pour BODIE, pour la musique, pour que la musique de qualité vive et que nous puissions encore voir de tels artistes qui sont une vraie récréation reposante pour le yeux, les oreilles, tout notre être. 

Alors que vive la musique et que BODIE garde (j'espère que bous avez apprécié le jeux de mot, sinon vous recevrez un blâme, non mais) le cap sur l'océan musical, afin de pouvoir conquérir de nouveaux écoutants et de nous embarquer dans leur univers plein de découvertes étonnantes et drôles. 


Voici quelques liens:

Rappel du lien, à regarder si vous voulez libérer BODIE

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/liberez-bodie-pour-un-2e-ep?utm_campaign=started_project_email&utm_medium=email&utm_source=project_mailer

Facebook: https://www.facebook.com/bodiemusique/

Twitter : @bodieofficiel


Libérez BODIE pour un 2e EP !


Ichigo Samuru





mercredi 31 janvier 2018

ZOÉ SIMPSON. Je chante parce que j’ai besoin qu’on entende ce que j’ai à dire.


"J’écris tous mes textes, et pour choisir ce que je garde, ou pour avancer dans l’écriture d’un texte en cours, je cherche à voir s’il me fait quelque chose dans le corps. Si l’émotion que ça me procure résonne physiquement en moi…"


INTERVIEW DE ZOÉ SIMPSON

Bonjour Zoé Simpson, est-ce que lorsqu'une personne qui souffre vient vous dire que vos chansons lui font du bien cela vous touche ?

Je suis touchée quand j’arrive à toucher, quelque soit le contexte, oui. 

Pourquoi chantez-vous ? N’avez-vous pas peur d’être une chanteuse parmi d’autres ?

Je chante parce que j’ai besoin qu’on entende ce que j’ai à dire. Pour moi chaque chanteuse est singulière, unique puisque que chacune propose son univers, son regard sur le monde. C’est ce qu’on attend des artistes, c’est ça qui est intéressant. Donc non, je n’ai pas peur parce que je suis sincère et moi aussi unique. 



Pour qui chantez-vous ? Pour les femmes ? ( je pense à votre avatar sur Facebook « femme debout » )

Je chante pour tout le monde ! 

Si ce n’est pas spécialement pour les femmes, alors pouvez-vous nous expliquer ce bel avatar ?

Cet avatar c’est moi en capacité d’incarner toutes les femmes de mon album.

Comment qualifiez-vous votre style ? 

Je fais de la chanson à texte, à tendance pop electro.



Est-ce que vous composez tout ? 

Non, moi j’écris tout et tout est composé par Malcolm Crespin, qui a également réalisé mon album. On a longtemps hésité à être un groupe et puis on a décidé qu’on était une chanteuse ! Surement parce que mes textes, mes propos ont pris de plus en plus de place dans le projet, et mon besoin de défendre ma parole avec. 

Voulez-vous rester toujours dans le même registre ?

Je ne sais pas. Je laisserai toujours une place très importante au texte puisque c’est là qu’est mon premier élan créatif, mais pour le reste, on verra… 

Mais qu’est-ce qui vous touche le plus pour écrire une chanson, voir en choisir une si on vous la propose ? 

J’écris tous mes textes, et pour choisir ce que je garde, ou pour avancer dans l’écriture d’un texte en cours, je cherche à voir s’il me fait quelque chose dans le corps. Si l’émotion que ça me procure résonne physiquement en moi… 

 Aimeriez-vous faire un duo, et avec qui ?

J’adorerais chanter et écrire avec Ben Mazue, j’aime ses mots et comment il les incarne. J’adorerai mêler ma voix à celle de Camille, tellement magnifique… Clarika aussi, me touche tellement. 

BEN MAZUE

CAMILLE

CLARIKA
© photo frederic marquet

Vous avez une très jolie voix, avez pris des cours de chant ? 

Merci ! Oui j’ai pris des cours, dernièrement avec Géraldine Ross et avec Véronique Perrault. Et j’ai beaucoup chanté en polyphonie avec mon ancien groupe les Valseuses, c’est très formateur ! 

Que pensez-vous de la chanson française aujourd'hui ?

C’est vaste ! Beaucoup de bien dans l’ensemble même si je trouve que les textes sont parfois un peu faibles. Dans la scène plus « underground » de la chanson française, il y a beaucoup d’artistes de qualité.

Trouvez-vous aussi qu’il manque une certaine légèreté comme dans les année 80 ?

Il faut dire que la période, l’époque est beaucoup plus anxiogène, non ? Du coup, ça transpire dans les chansons je crois… Ça reviendra j’espère ! 

Auriez-vous aimer chanter à une autre époque ?

Non non.

Comment voyez-vous évoluer votre carrière ?

 Ah je n’en sais rien… La vie d’artiste !


Vivez-vous de votre musique ? 

Oui, et j’anime également des ateliers d’écriture de chansons aux Cours Florent Musique, et je suis comédienne.

Comment se passe vos répétition, avec qui travaillez-vous ? 

Avec Malcolm Crespin à la guitare et Arno Hipsta aux clavier/violon/SPD. Et avec Françoise Fognini à la mise en scène.

Avez-vous toujours les mêmes musiciens ? 

Oui ! 

Comment se passe les enregistrement en studio ?

J’ai un home studio, on fait presque tout chez moi. C’est simple, au milieu de la vie, avec les enfants qui débarquent toutes les 5 minutes et des pauses dans le jardin… 

 Aimez-vous le studio ?

Oui, même si je n’ai pas la patience de Malcolm et d’Arno !


Et les concert ? 

Oui, énormément. Dès que je mets les pieds sur un plateaux, toute mon introversion s’envole, j’ai vraiment l’impression d’habiter là. C’est là que je dois être. 

Quel rapport avez-vous avec le public ?

Je cherche à aller à sa rencontre au plus proche. J’ai commencé par développer mon projet à travers des concerts en appartement et je continue parce que c’est un moyen de rencontrer vraiment les gens, de voir vraiment ce que leur font mes chansons, de mieux les comprendre même parfois ! 

Êtes-vous sensible aux remarques des écoutants (je n’aime pas le mot fan) ?

Ah oui beaucoup.

Seriez-vous prête à changer quelque chose suite à une remarque de vos écoutants ? 

Je ne sais pas, si la remarque touche quelque chose qui sonne juste en moi, peut-être. Mais on ne peut pas écouter tout le monde, chacun a un avis, et il faut rester connecté à son propre ressenti d’artiste.

Et votre famille, comment réagit-elle à votre talent ?

Ma famille réagit très agréablement à mon projet. Je suis très soutenue. Ils connaissent mes chansons par cœur et viennent presque à chaque concert ! Bon, mes filles en ont un peu marre quand même…

Nous allons parler du très agréable EP et ensuite nous parlerons de votre chanson « J’avais des rêves » signé Michelle. Cela vous va-t-il ainsi ? Vous aimeriez peut-être dire quelque chose avant, ce qui va spoiler toutes mes questions (rire). 

Non non, c’est ok comme ça.


"EP Va la vie va: https://ZoeSimpson.lnk.to/VaLaVieVaEP
Photo© Marc Obin
Maquillage/coiffure: Miladi Nora
ArtWork: Oko/Zoe Simpson

Ecrit par Zoe Simpson, composé par Malcolm Crespin
Réalisé par Malcolm Crespin
Arrangé par Malcolm Crespin et Arno Affolter
Enregistré par Malcolm Crespin et Ambroise Boret@pfff Studio (Montreuil)
Mixé par Ambroise Boret aux Studios de la Seine (Paris)
Masterisé par Jean Pierre Chalbos @La Source Mastering (Courbevoie)

ZOE SIMPSON Chant & choeurs
MALCOLM CRESPIN Guitares, claviers, percussions, programations, choeurs
ARNO AFFOLTER Claviers, violon, basse, choeurs
Avec la participation de Lou et Lune Crespin

PROMO: Melissa Phulpin "


(Informations Page Facebook de Zoé Simpson, pour le lien voir bas de l'article)

Le titre du EP est « Va, la vie va », il a quelque chose de Michel Fugain (bien que la chanson est loin, à ce que je sache de l’univers du chanteur), je me trompe ?

Il y a peut-être quelque chose de Michel Fugain, je ne sais pas… Mais vous l’avez ressenti comme ça vous, donc, il doit y avoir un lien. 

« Va, la vie va » Le refrain est très bien construit au niveau des mots des rimes. Je comprends que vous, enfin le personnage de votre chanson, a fait construire une maison pour quelqu'un en Provence, et qu’elle ira la rejoindre l’été. Mais aussi j’ai l’impression que cette maison a été construite pour un changement dans la vie de la personne qui va y être hébergé. Est-ce que je vois juste, et qui est cette personne, un amant ? 

Ça n’est pas exactement ça. C’est une chanson de deuil qui parle de vie.

« Lise » Ce parler chanter nous rappelle un peu Gainsbourg et Lou Reed, qu’en pensez-vous ? Lise, existe-t-elle vraiment ? Cette chanson parle d’une maman qui réfléchi sur le changement de l’enfant qui devient un adulte. Je suis dans le vrai ou complètement à côté de la plaque ?

C’est une chanson d’une fille qui parle à sa mère plus exactement, donc l’inverse ! Gainsbourg est une de mes références en matière de texte et Lou Reed a bercé mes premiers émois musicaux, donc, oui, il doit y avoir un lien.


« Iphigénie » C’est une chanson très grave. Considérez-vous cette chanson comme féministe ? Le violon intensifie le drame et nous ramène à des heures sombres de l’histoire, est-ce voulu ? 

Oui c’est une chanson féministe, ou largement, humaniste. Il est question d’humanité quand on parle du sort réservé aux femmes dans les conflits armés. Et la place du violon est évidement bien conscient, il vibre et fait vibrer les cœurs. 

« Marche » Est-elle une chanson qui parle de vous ? D'une marche sans repos par peur que tout s’écroule ? Pourquoi sous votre peau ? Êtes-vous très sensible ?

Marche parle probablement de moi mais à travers le portrait que je fais de Gabriela Andersen-Schiess qui a marqué les JO de 1984 par son image et sa marche de fin de marathon, où son corps épuisé semble sur le point de s’écrouler, comme un pantin désarticulé, mais elle tient, debout. Son image s’est imprimée dans mon corps à moi. 

Gabriela Andersen-Schiess

Ce ne sont pas des chansons faciles, elles demandent de la réflexion, vous préférer vous exprimer ainsi ? 

Ce n’est pas vraiment un choix, pour l’instant c’est comme ça que ça vient et que c’est juste.

La pochette du EP est magnifique et vous montre déterminée à aller jusqu'au bout, c’est cela ? Comme quelqu'un qui se réveille d’une longue léthargie ou d’une peur et qui dit, maintenant je prends ma vie en main, ou maintenant je vais bâtir une maison en Provence ? Ou maintenant je vais marcher pour que rien ne s’écroule ?

Oui, il y a un peu de tout ça dans cette image… 


Passons au Clip. D'abord le titre qui m’interpelle : « J’avais des rêves » (Michelle) 

« J’avais des rêves » annonce une chanson plutôt triste, mélancolique ? - Qui est Michelle ? 

Chacune des chansons de mon album Femmes Debout, qui sort le 2 février, porte un prénom de femme. Pour J’avais des rêves, c’est Michelle, une ultra-moderne solitude de plus. Elle se rend compte que sa vie ne correspond pas aux rêves qu’elle avait, alors elle décide de tout quitter, de partir.

Que pouvez-vous nous dire sur le clip en lui même : son tournage, les idées pour telle prise etc. ? 

Oh je pourrais vous en dire beaucoup, la gestation d’un clip est tout un chemin. Je voulais travailler sur une chorégraphie répétitive du quotidien, un enfermement qui empêche l’épanouissement de l’individu.

Vous avez une vision négative du mariage ? Où c’est autre chose, sous une forme du mariage ?

Non pas particulièrement, je ne suis pas très intéressée par la question du mariage, c’est vrai, mais c’est surtout l’idée de ne pas être au bon endroit qui me paraissait intéressante dans ce clip. La confrontation entre « ce qu’on veut que je sois » et « ce que je suis au fond de moi »

L’héroïne s’imaginait un mariage idéal ? Mais elle ne supporte pas cette routine ?

Oui, quelque chose comme ça. En tous cas elle a tout misé sur son mariage et elle passée à côté d’elle-même. 

On voit une jeune fille dans le clip, qui est-ce ? 

C’est l’idée de Michelle enfant, et des rêves qu’elle avait à cet âge là.

La fin du film laisse songeur, mais finalement n’est-ce pas une poupée qui rêvait ?

Ah ah…Comme vous voulez… Chacun est libre de son interprétation.

C’est peut-être la femme qui à force, se résigne vivant sur ce rêve irréalisé ? Vous abordez deux choses graves et terriblement d’actualité, l’alcool chez les femmes et aussi la prise de médicament. Vous pensez que les femmes ont se problème à cause d’un rêve qui ne restera que rêve ?

Je pense qu’on peut être confronté à ce genre de problèmes, d’addictions si on n’est pas au bon endroit dans sa vie. C’est un moyen de lutter contre ses frustrations peut-être.


Pour terminer notre interview que pouvez-vous dire sur ces cinq femmes ? 

Véronique Sanson ? - Barbara ? - Milène Farmer ? - Zaho ? - Edith Piaf ?

De belles artistes et je suis particulièrement touchée par Véronique Sanson pour la force de ses mélodies et de ses propos, par sa liberté, par Barbara pour ses mots si profonds et justes, pour sa mise à nue perpétuelle, et par Edith Piaf, qui me colle des frissons depuis ma toute petite enfance. 

Merci Zoé Simpson pour votre patience, et votre disponibilité, votre gentillesse qui caractérise les artistes de talent. Je vous laisse conclure : 

Merci à vous de vous intéresser à mon projet ! L’album sera disponible le 2 février. Le compte à rebours est lancé ! Je compte sur vous… 😊 A bientôt.


Page Facebook:
https://www.facebook.com/zoesimpsonmusic/

Ichigo Samuru

vendredi 19 janvier 2018

Tanya Drouginska ou l'élégance obscure


  "Tanya Drouginska ou l'élégance obscure" me paraîtrait mieux traduire la femme forte et désabusée qui chante aujourd'hui et ne cultive plus le spleen de l'adolescente de jadis qui lisait du Verlaine en écoutant les Nocturnes de Chopin.


Interview de Tanya Drouginska

 Bonjour Tanya Drouginska, je vous remercie d’accepter de prendre de votre temps pour cette interview sur BAZAR MUSIC. Je suis impressionné de vous interviewer, de part la qualité de votre talent, et votre beauté qui dépasse notre petite vision étriquée. Vous êtes pour moi une femme mystérieuse, il suffit de voir les belles photos que nous trouvons sur internet, ou sur votre compte Facebook.

Bonjour Ichigo, merci de cette interview et de ces éloges qui me touchent.

La première question, aucun artiste n’y échappe. Une personne atteinte d’une grave maladie vient vers vous et vous dit que votre musique, vos chansons, lui calment pour un temps sa douleur. Qu’est-ce que cela vous fait ?

Je pense que toute expression artistique est pour l'artiste une sorte de catharsis, dans laquelle le public peut se retrouver et ainsi être un baume sur des souffrances. Donc si mes chansons, ma musique peuvent un temps apaiser des douleurs, c'est une grande satisfaction pour moi de me savoir utile...

Qu'est-ce qui vous a poussé à débuter une carrière musicale ?

La vie est une saga, dont il faut savoir écrire les chapitres en observant les signes du destin, rien n'arrive par hasard... J'ai toujours aimé chanter, c'est libérateur. Après avoir repris le mannequinat avec succès il y a une douzaine d'années, j'ai eu envie de diversifier mes activités, d'abord vers la comédie, mais les rencontres ont fait que j'ai  plutôt construit ce projet musical, en étant soutenue par de vrais professionnels.


Le titre « Résurrection » est fort ! Pourquoi avoir opté pour ce titre évocateur d'une renaissance ?

Pour schématiser, j'ai eu deux vies, j'ai d'abord mené une carrière commerciale réussie dans l'ameublement et la décoration, puis un grain de sable est venu se placer dans un engrenage qui semblait définitivement bien huilé. Après un passage difficile, j'ai décidé de m'imposer dans une carrière de mannequin, puis pour mieux m'exprimer d'aborder des activités artistiques. Je suis une sorte de phoenix renaissant de ses cendres, d'où le choix évident pour moi d'appeler mon album "Résurrection".

Vous vous êtes entourée de noms prestigieux comme Boris Bergman qui a écrit pour Alain Bashung,  Eric Melville, un compositeur et chanteur de talent, (que vous recommandez chaudement sur votre page Facebook) et enfin Jean-Michel Bériat. Mais d’abord arrêtons-nous un instant sur ce dernier qui est décédé le 20 novembre 2017 à l’âge de 68 ans.


Il a composé des chansons devenues mythiques comme « Boule de Flipper » pour  Corynne Charby, « Africa » pour Rose Laurens, « Eve lève toi » pour Julie Piétri… Le décès de Jean-Michel Beriat a dû vous toucher profondément, surtout qu’il vous a écrit ce superbe titre (dont nous parlerons plus bas) « La Mariée » ?

Jean-Michel Bériat, comme vous venez de le souligner était un parolier à succès, il a cru en moi et m'a écrit "La Mariée" et "Le Savon". Il est évident que son décès m'a touchée et je suis contente qu'il ait eu le temps de voir le clip "La Mariée". Ceci étant nous n'étions pas intimes, c'était un ami de longue date de mon compositeur et directeur artistique Eric Melville.

Votre EP a été écrit et composé "sur mesure." Avez-vous été impliquée dans le processus créatif qui a permis la réalisation de Résurrection ?

Bien sûr, car cette démarche musicale me permet de révéler ma véritable personnalité et mon équipe a constaté que je sais parfaitement ce que je veux. Lorsqu'on a la chance comme moi, de travailler avec des artistes de grand talent, ils cernent vite une personnalité pour la retranscrire en paroles et en musiques.

Quels artistes vous inspirent le plus ?

Il y a beaucoup d'artistes que j'aime et admire, mais nous avons choisi de faire de moi une sorte de mélange entre Gainsbourg et Bashung, au féminin.

Pour vous, est-ce important de chanter l’amour, même si nous y trouvons de la douleur ?

L'amour est le sujet universel par excellence et comme en effet il engendre souvent de la douleur, il est important de le chanter pour permettre à d'autres de se sentir compris et peut-être un peu consolés...

Comment s'est déroulé l'enregistrement de votre premier EP ?

L'enregistrement s'est fait dans le studio d'Eric Melville, qui est aussi mon coach et le pilier du projet, car c'est lui que j'ai rencontré en premier et qui m'a présenté ses amis Jean-Michel Bériat et Boris Bergman, dont il est bon de rappeler qu'il a écrit pour les plus grands tant en français, qu'en anglais.

Au sein même de Résurrection, votre spectre musical est assez large : quelles sont les titres qui vous inspirent le plus ?

Les titres qui m'inspirent le plus sont bien sûr "La Mariée", illustrée par un clip, mais aussi les titres de Boris Bergman: "L'homme de main" et "Amours coton, matins de rêves," qui nous transportent dans l'univers de la mafia des années 50, des films avec Humphrey Bogart, des chansons de Piaf...

TANYA DROUGINSKA."LA MARIÉE".(Seul clip officiel autorisé)


« La Mariée » Ce titre baigne dans un univers obscur contrastant drastiquement avec la mariée censée être immaculée. Est-ce relatif à votre propre expérience personnelle ?

Je n'aime pas les images d'Epinal, "La Mariée était tout en noir…," c'est une chanson écrite pour moi qui porte beaucoup de noir, je trouve que c'est un écrin.


Cet EP annonce un album il me semble ? Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Je viens d'enregistrer "Un tableau de Hopper," une reprise en hommage à Johnny Hallyday qui a rythmé ma vie depuis l'adolescence. J'ai volontairement choisi une chanson peu connue du public, bien qu'elle soit très bien écrite. Ce titre va venir s'ajouter aux six de mon EP pour faire un CD en série limitée qui sera commercialisé par correspondance en Mars 2018.

Seriez-vous prête à faire un duo ? Et avec qui ?

J'aimerais beaucoup faire un duo avec Amir, il chante magnifiquement, il est dynamique et semble charmant. Nous préparons d'ailleurs la maquette du "Savon" qui se prête idéalement à un duo, pour lui proposer. Fingers crossed...

Avez-vous l'intention de vous produire sur scène avec ce premier projet musical ?

Je pense qu'une véritable artiste a besoin du contact avec le public et j'espère cette année pouvoir me produire sur scène et communier avec mon public.

Quel rapport avez-vous avec le public ?

Je reçois beaucoup de messages d'amour de la part des gens qui apprécient ce que je fais et qui ont hâte de venir me voir sur scène. Aussi curieux que ça puisse paraître j'ai beaucoup de fans très jeunes sur les réseaux sociaux.



Qu’écoutez-vous comme musique actuellement Tanya Drouginska ?

De la pop en anglais et en français et de la musique classique

Que lisez-vous ?

Des livres de médecine orthomoléculaire, une médecine préventive qui permet de rester en pleine forme, condition sinéquanone pour mener à bien mes challenges.

Quel genre de cinéma aimez-vous ?

Le cinéma qui fait rêver...

Quel est votre plus grand désir ?

Devenir une chanteuse reconnue

Qu’est-ce que que vous aimez (dite ce qui vous vient directement à l’esprit) ?

Les félins, ce sont mes frères de race.

TANYA & FRISSON

Qu’est-ce que vous n’aimez pas (idem) ?

La bêtise.

31. Pour terminer notre petit jeux que j’appelle La Question, eh eh. En deux mots que pouvez-vous me dire sur :

- Simone Veil: La mère que j'aurais voulu avoir...

- Arielle Dombasle: Un kaléidoscope évanescent

- Johnny Hallyday: Un grand félin de scène comme la France n'en aura plus...

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Je me permets un petit hommage à ce grand félin de scène comme la France n'en aura plus... vous ne m'en voudrez pas Tanya Drouginska?


 Johnny Hallyday au Zenith de Nantes, le 8 décembre 2015. | Archives OF / Franck Dubray

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Merci beaucoup pour votre gentillesse touchante, pour votre talent certain et beau, et je vous laisse conclure l’interview. Vous pouvez dire ce que vous voulez Tanya Drouginska.


Merci Ichigo de m'avoir permis de m'exprimer, je tiens à souligner que je suis intégralement productrice de mon projet musical, clip et EP et que j'espère trouver rapidement un label pour m'aider à aller plus loin....


"J'ai toujours aimé chanter, c'est libérateur"
Tanya Drounginska


Crédit Photos: Guillaume Malheiro

Liens:

Site officiel de Tanya Drouginska : www.tanya-drouginska.com
Téléchargement de l'EP Résurrection : http://smarturl.it/TANYAEP
Clip de "La Mariée" de Tanya Drouginska : https://www.youtube.com/watch?v=2yye0ALkVS0

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